SUR LES ROUTES D’ARMENIE

DOCUMENTAIRE: Romain Poisot
PHOTOGRAPHIE: Jean-Daniel HENRY
MUSIQUE: Stéphane Rault

Trente ans après la chute de l’URSS, l’Arménie porte les stigmates d’un empire pétrifié. Des carcasses de Lada qui semblent tenir debout par habitude, des usines rongées par la rouille et des chiens errants qui règnent sur le silence. Un voyage entre mémoire et résilience brute.

En 2023, l’aventure prend racine dans une proposition de Romain, journaliste à RMC : l’accompagner pour donner une identité visuelle à son documentaire Arménie, la valse macabre. Grâce à un élan de solidarité et un financement participatif, nous nous sommes envolés vers ce pays de pierres et de mémoires. Ma mission dépassait le simple reportage ; il s’agissait de capter, par l’image, l’âme d’un territoire suspendu entre l’héritage complexe de l’ex-Union soviétique et la dignité d’un peuple fier de son histoire millénaire.

Le voyage s’est transformé en une traversée physique et émotionnelle. Loin des axes principaux, nous avons arpenté les petites routes sinueuses, celles qui mènent à des villages où le temps semble s’être figé. J’y ai découvert une Arménie brute, parfois mélancolique, mais toujours vibrante. Ce furent des jours de rencontres fortuites, souvent nées d’un café partagé sur le pas d’une porte ou d’un regard échangé au détour d’un monastère isolé. Ces moments bouleversants ont nourri mon objectif, cherchant sans cesse à immortaliser cette humanité qui fleurit malgré les cicatrices du passé.

De cette immersion totale est née une œuvre multidimensionnelle. L’exposition « Sur les routes d’Arménie » a été pensée comme un dialogue sensoriel : mes photographies y rencontrent la musique originale de Stéphane Rault, créant un pont entre le visible et l’audible, en écho direct avec le film documentaire. Pour que ce voyage ne s’éteigne pas avec les lumières de l’exposition, j’ai conçu un livre auto-édité, une trace sensible et durable que l’on peut feuilleter comme on parcourt une route.

Ce projet affirme aujourd’hui une démarche créative globale. De la réalisation de la pochette de l’album La valse macabre aux tirages d’art numérotés, chaque support est une invitation à plonger dans ce récit. Il s’agit d’offrir une expérience où l’image, le son et le récit se rejoignent pour témoigner d’une terre dont la beauté réside autant dans ses paysages que dans la force de ceux qui l’habitent.


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